Ils ont tué Garcia Lorca | LCLFN

Peu après le soulèvement, Lorca a compris que l’homme de gauche qu’il était, était recherché. Il n’appartenait cependant à aucun parti. Caché chez un ami poète phalangiste, il a été découvert par un groupe de « populistes » armé.

On a retrouvé chez lui  une copie d’un drame que Garcia Lorca venait d’achever et qu’il regardait comme son œuvre la meilleure, La Maison de Bernarda Alba qui devait être représentée à Madrid, en automne 1936.

Les quelques privilégiés qui en avaient entendu la lecture assurent qu’il s’agit là d’une œuvre d’une extraordinaire beauté.

  • 6 hommes, 1 œuvre

lorca

Un seul d’entre eux se vantera publiquement de ce qu’il a fait:

García Lorca, je lui ai mis deux balles dans sa grosse tête!

En 2011, Miguel Caballero Pérez, un historien fasciné par Lorca a retrouvé les identités de ceux qui l’ont abattu.

Si Caballero Pérez a voué sa carrière à la vie de l’écrivain, s’il a étudié les moindres détails de son existence, c’est pour la valeur «onirique» de son œuvre, bien sûr.

Mais c’est aussi parce que sa vie – et surtout sa mise à mort – éclaire la montée du franquisme en Espagne.

Les dernières années de García Lorca sont ancrées dans les prémices de la guerre civile.

Son histoire et son œuvre s’entremêlent à l’actualité enflammée des années 1930 espagnoles.

  • Mais qui étaient les six tireurs?

Pas tous volontaires. Certains répondaient aux ordres de la hiérarchie, d’autres avaient de réelles rancœurs envers García Lorca.

En récompense, on leur avait promis 500 pesetas et l’espoir de monter en grade.

Parmi eux se trouvait un certain Antonio Benavides. Parent de la première femme du père du poète, il appartenait à l’«escadron noir», une milice de criminels qui semait la terreur.

benavides

Benavides

Il sera le seul à revendiquer fièrement son acte. Le seul à évoquer un certain plaisir au moment d’appuyer sur la gâchette. Même si une partie de la ville andalouse haïssait le poète.

Les raisons de cette haine sont diverses.

Dans sa dernière œuvre théâtrale, La casa de Bernarda Alba, García Lorca brocardait les travers d’une certaine société traditionaliste espagnole.

L’écrivain n’avait pas choisi ses personnages au hasard, il s’était inspiré de sa famille éloignée, celle de la première femme de son père.

Le 24 juin 1936, à Madrid, les lectures publiques de la pièce auraient embrasé les terres espagnoles jusqu’à Grenade et la famille rivale des Lorca, proche de la droite espagnole, s’y serait reconnue.

lorca

Les deux clans étaient déjà en conflit en raison de leurs choix politiques divergents.

La pièce est venue mettre de l’huile sur le feu. A cela s’ajoute un troisième motif qui a poussé les phalangistes à vouloir la peau de l’écrivain:

son homosexualité intolérable dans le contexte.

Politiquement, le poète était pourtant décrit par son ami Salvador Dalí comme l’homme le plus apolitique de la terre.

«Il était un fervent républicain, mais n’a jamais adhéré au parti», précise Miguel Caballero Pérez.

Les cinq autres tireurs obéissaient aux ordres.

L’un d’eux, un certain Juan Jiménez Cascales, champion de tir, demandera à quitter le peloton et à être envoyé au front. «Ça me rendra fou», ­déplorait-il.

Trois autres – Fernando Correa Carrasco, champion de tir également, Salvador Varo Leyva, originaire de Cadix, et Antonio Hernández Martín – se sont tus.

C’est finalement la rivalité ancienne entre trois puissantes familles, les Lorca, les Roldán et les Alba (immortalisés dans « La Maison de Bernarda Alba »), qui mène trois notables andalous fascisants à frapper à la porte de la maison des amis de Federico Garcia Lorca, les Rosales, le 16 août à 13h30 pour l’arrêter.

« Les deux familles ennemies des Lorca étaient proches du pouvoir et soutenaient le soulèvement militaire,( le coup d’Etat des 17 et 18 juillet 1936). La haine du « républicain » et l’homophobie, –  Il lui a mis deux balles dans le cul à ce pédé », aurait fanfaronné un proche de Benavides –, ont bien entendu aussi joué leur rôle.

lorca

En abattant Lorca ils atteignaient son père, assouvissant leur haine, ils ont atteint le « joyau » de la famille. Ils n’avaient pas conscience qu’ils s’apprêtaient à tuer l’une des plumes espagnoles les plus célèbres.

lorca

C’est quoi l’homme sans liberté
O ! Mariana dis moi
Dis-moi comment puis-je t’aimer
Si je ne suis libre, dis-moi
Comment t’offrir mon cœur
S’il n’est pas à moi


tampon luttons

Pour en savoir plus:

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e1d1adbe-c457-11e0-a12d-bbfc2bd3748d/En_1938_des_révélations_sur_la_mort_de_Garcia_Lorca

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e364578a-c457-11e0-a12d-bbfc2bd3748d/Federico_Garcia_Lorca_chronique_dune_mort_retrouv%C3%A9e

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/ibere-espace/2011/07/18/les-meurtriers-de-garcia-lorca-peut-etre-identifies-75-ans-apres-214075

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