Aujourd’hui 27 mai 2015 |Deux femmes résistantes entrent au Panthéon

Toutes deux déportées au camp de Ravensbrück, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz ont marqué la résistance pendant la Seconde guerre mondiale. Les deux femmes sont restées amies et n’ont eu de cesse de témoigner de leur expérience après la guerre. A travers des conférences ou des livres et même une opérette pour Germaine Tillon, les deux femmes « sont rentrées pour témoigner« . tillions

  • Germaine TILLION, 1907-2008

Ethnologue française, passionnée de préhistoire et de psychologie, elle est encore étudiante quand elle organise des premières actions de résistance en 1940.

En 1941, alors qu’une partie de ses amis résistants est arrêtée au Musée de l’homme, elle a de plus en plus de responsabilités au sein de la résistance.

En 1942 elle intervient pour obtenir la grâce de 10 condamnés à mort. C’est un échec, 7 seront exécutés et elle sera arrêtée, avec sa mère par les services du contre-espionnage allemand.

En 44, Germaine est transférée à Ravensbruck et elle entrepend -d’emblée et à ses risques et périls- une recherche sur l’univers concentrationnaire où elle est plongée.

En 1945 : sa mère, Émilie Tillion est victime d’un assassinat collectif par gaz toxique.

Germaine est libérée de Ravensbrück, avec plus de 300 Françaises, grâce à la Croix-Rouge suédoise, elle est envoyée en convalescence à Göteborg, en Suède où elle mène une enquête systématique auprès de ses camarades. Elle assistera au procès du Maréchal Pétain.

Elle obtiendra la médaille de la résistance et sera promue déléguée comme observateur par l’ADIR (Association des Déportées et Internées de la Résistance) au procès, à Hambourg, des responsables du camp de Ravensbrück. Toute sa vie elle participera à ce témoignagne des camps concentrationnaires, occupant de hautes fonctions.

Elle multipliera par la suite, lors de la Guerre d’Algérie, les démarches en faveur des condamnés à mort, contre la torture et les attentats terroristes auprès de toutes les personnalités influentes et notamment du général de Gaulle. Elle sera décorée de nombreuses fois.

  • Geneviève de Gaulle-Anthonioz,1920-2002

Nièce du Générale Charles de Gaulle (fille du plus grand frère), elle est étudiante lorsqu’elle s’engage dans la résistance française.

Dénoncée puis arrêtée par la Gestapo française suite à un piège dans une souricière tendu aux membres de Défense de la France par Pierre Bonny qui l’amène directement à Fresnes pour y subir un internement. Elle sera déportée à l’âge de 22 ans au camp Allemand de Ravensbrück marquée par le triangle rouge, celui des prisonnières politiques.

Le centre de détention de femmes le plus important du pays : au moins 132 000 femmes et enfants y sont déportés, dont 90 000 sont exterminés. « Lors de l’interminable appel des mille femmes du convoi, le nom de Geneviève fait se lever une acclamation, que les gardes parviennent difficilement à réprimer. Geneviève répond :

“Présente !” 

Elle mettra 50 ans pour raconter l’horreur de sa détention au camp de Ravensbrück, à travers son récit elle décrit les épreuves et les conditions de vie. Elle mènera tout au long de sa vie un combat exemplaire contre le « nouveau totalitarisme« , le « règne de l’argent  » .

En 1958, sa rencontre avec le père Joseph Wresinski, créateur du mouvement «Aide à toute détresse», est déterminante. L’organisation deviendra ATD Quart-Monde et, en 1964, elle prendra la tête de l’association.

Elle se battra toute sa vie contre l’exclusion, et réussit en 1998 à faire voter la loi «d’orientation relative à la lutte contre l’exclusion» Seules Marie Curie et Sophie Berthelot ont été admises au Panthéon (et encore, la seconde n’y est que pour accompagner son mari).

N’oublions pas que pendant la guerre les femmes étaient les plus touchées. Elles subissent souvent les effets directs ou indirects des combats, car elles endurent les bombardements et les attaques aveugles et souffrent du manque de nourriture et d’autres biens de première nécessité indispensables à leur survie et à leur santé.

Immanquablement, la responsabilité des enfants et des proches âgés – et souvent de la communauté plus large – incombe davantage aux femmes qu’aux hommes de la famille lorsque ceux-ci sont partis au combat, sont internés ou détenus, portés disparus ou morts, déplacés ou en exil.

Elles ont aussi dû apprendre à vivre et survivre lors de la capitulation.

Une loi interdisant aux femmes de divorcer a été mise en place sous le régime de Pétain avec la devise « Travail, Famille, Patrie », elles étaient contraintes aux tâches domestiques et interdites de travailler dans la fonction publique. Les femmes ont alors trouvé dans la résistance le moyen de s’accomplir enfin.

Lors de la capitulation de l’Allemagne, les femmes qui ont collaboré pour survivre seront tondues et environ 17 000 femmes seront violées par les soldats Américains. La survie, la lutte et la résistance, le degré de tolérance des femmes sont trop souvent sous- estimés.

A la libération, la résistante Lucie Aubrac, créera une revue féminine  » la Femme« . Elle rédiga cette conclusion :

 » Cette paix sanglante et heureuse comme une nouvelle accouchée, nous allons bien la soigner, la fortifier et l’aimer. Tellement l’aimer avec notre labeur et nos désirs joyeux que jamais les petits enfants de Londres, Rouen, Berlin, Leningrad ou Shangai ne reconnaîtront jamais l’horreur des caves sous les bombardements, les parents assassinés, la faim, la saleté, toute la fureur guerrière et imbécile du fascisme ».

tampon luttons


Pour en savoir plus : http://www.germaine-tillion.org/a-la-rencontre-de-germaine-tillion/ https://www.icrc.org/fre/resources/documents/misc/5fzhpp.htm http://www.ina.fr/video/1939988001018 http://www.ina.fr/audio/00008742 https://www.youtube.com/watch?v=DL6KocWrLqE

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