LA RÉBELLION DES HOUTHIS AU YEMEN

Au Yémen, une trêve est entrée en vigueur le 12 mai au soir, après plusieurs semaines de bombardements de la coalition arabe pro-saoudienne contre les rebelles Houthis.

L’aide humanitaire internationale parvient désormais aux victimes. Le bilan est d’un millier de morts et 3000 blessés, et des milliers d’habitations détruites.

Quelle est donc l’origine de ce conflit assez peu médiatisé et qui ne semble guère intéresser l’opinion internationale ? Les Houthis, implantés au nord-ouest du Yémen, sont un mouvement sociopolitique de l’école théologique zaïdite, une branche de l’islam chiite.

Ils représentent 30% des yéménites, en majorité sunnites. En 2004, les Houthis entrent en rébellion, à cause de la discrimination et la marginalisation dont ils estiment être victimes. Ils revendiquent notamment le retour de l’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962.

L’Arabie saoudite voisine intervient plusieurs fois contre les rebelles, en utilisant notamment du phosphore blanc, arme interdite.

En septembre 2014, les rebelles s’emparent de la capitale Sanaa, font démissionner le premier ministre et forcent le pouvoir en place à créer un nouveau gouvernement qui leur est plus favorable.

Le 22 janvier 2015, ils s’emparent du palais présidentiel, ce qui conduit à la démission du président Abd Rabo Mansour Hadi, qui s’enfuit vers Aden, le grand port du sud.

Une jeune fille brandit une écharpe à l’effigie du Yémen à Sanaa le 13 septembre 2014

Dans la nuit du 24 mars 2015 commence l’opération « tempête décisive » menée par l’Arabie saoudite à la tête d’une coalition d’une dizaine de pays arabes. Il s’agit de bombarder les positions rebelles et de rétablir le président Hadi.

L’implication du royaume saoudien dans la guerre s’explique par sa crainte de voir s’étendre la rébellion à ses provinces frontalières de Najran et de l’Asir, peuplées de nombreux chiites, et plus proches culturellement du Yémen, dont elles étaient partie intégrante jusqu’en 1934.

D’autre part les saoudiens redoutent l’influence de l’Iran chiite, qui aide les rebelles. L’aspect religieux du problème est capital : l’Arabie wahhabite est farouchement anti-chiite, et les Chiites sont persécutés ou marginalisés dans quasiment tous les pays à majorité sunnite.

Il n’y a eu aucune manifestation contre cette guerre dans les pays arabes, et les médias arabes évitent soigneusement de montrer des images des victimes civiles des bombardements.

Mardi 21 avril, l’Arabie saoudite a proclamé la fin de sa campagne aérienne, mais les combats se sont poursuivis dans le pays, jusqu’à la trêve conclue 12 mai entre les belligérants.

Le pouvoir en place saura-t-il trouver un accord avec la rébellion pour construire une paix durable et mettre un terme à cet interminable conflit ?

Merci à notre contributeur.

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