Beate et Serge Klarsfeld: le combat d’une vie

Elle est allemande et protestante, il est roumain et juif. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer, ils ont chassé ensemble  les Nazis toute leur vie.

La traque aux nazis est d’abord conduite par Béate qui traite de nazi le chancelier Kurt Georg Kiesinger:

Fin 1966, à 62 ans, Kurt Georg Kiesinger est élu chancelier allemand. Des journalistes soulignent son passé de nazi actif sans que cela suscite la moindre indignation. Alors, le 14 janvier 1967, j’écris dans « Combat » un article intitulé « Les deux ­visages de l’Allemagne », puis un deuxième en mars, ce qui me vaut d’être révoquée de l’Office franco-­allemand pour la jeunesse où je travaille comme secrétaire. Le souvenir de Hans et Sophie Scholl, jeunes résistants allemands guillotinés en janvier 1943, est toujours dans nos mémoires. Ils se sont révoltés contre le nazisme au risque de leur vie, nous leur devons de réagir à notre tour. Serge compile un dossier sur Kiesinger prouvant son implication au plus haut niveau dans la propagande hitlérienne. Je mobilise la ­jeunesse dans les universités.

Mais je dois frapper plus fort. Un discours de Kiesinger est prévu au Parlement. Je l’interromps en plein milieu, debout, le poing levé, au cri de : « Nazi, Kiesinger, démission. » Les journaux s’en font l’écho dans le monde entier. En Allemagne, j’entre en contact avec l’opposition extraparlementaire. Pendant un meeting, je m’engage à gifler Kiesinger. Le congrès chrétien-démocrate à Berlin le 5 novembre 1968 fait l’événement. Le 7 novembre, grâce à un photographe qui me prête sa carte de presse, je parviens à pénétrer dans la salle. Un bloc-notes entre les mains, je me faufile entre les estrades encadrées de policiers. Quand j’arrive derrière la rangée de Kiesinger, ­celui-ci tourne sa tête vers moi.

Je lui assène alors une gifle à toute volée. Il se prend le visage entre les mains. L’image est symbolique. Le geste l’est aussi : j’ai l’âge des filles d’anciens nazis qui voudraient, dans leur inconscient, infliger la même punition à leur père. Je suis arrêtée et condamnée à un an de prison ferme.

Beate gifle Kiesinger

Les Klarsfeld vont traquer les nazis dans le monde entier et particulièrement en Amérique du Sud. En 1972, Serge et Régis Debray tentent d’enlever Barbie en Bolivie, mais ils échouent. Serge et Beate traîneront Barbie devant les tribunaux 10 ans plus tard où il sera extradé et jugé.

Traque de Barbie en Bolivie

Serge et Beate essaient d’enlever en 1971  Kurt Lischka chef de la Gestapo en région parisienne à partir de 1940 qui a organisé la rafle de 20 000 juifs de  Berlin  et  leur déportation vers la frontière polonaise. Il est aussi, entre autre, responsable des emprisonnements massifs de Juifs allemands consécutifs à la  Nuit de Cristal. Mais les Klarsfeld seront menacés et arrêtés et condamnés à deux mois de prison, ce qui ne les empêchera pas de poursuivre leur combat malgré tout et ils auront un rôle central dans les procès de Bousquet, Touvier, Leguay et Papon.

Lischka

En 1979, les Klarsfeld fondent l’Association des Fils et Filles des déportés juifs de France; Ils rassemblent et vérifient des informations sur des milliers d’hommes de femmes et d’enfants déportés… Leurs archives « sépulture symbolique« , mises à jour quotidiennement, permettent aux descendants de ces victimes de faire valoir leurs droits.

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/biographie-memoire/les-epoux-klarsfeld-racontent-le-combat-dune-vie-215451

http://www.francetvinfo.fr/societe/shoah-les-epoux-klarsfeld-publient-leurs-memoires_861657.html

A l’occasion de la parution de leurs mémoires, les époux Klarsfeld sont revenus sur la montée du fascisme et les élections départementales. Déclarant que Marine le Pen n’avait pas rompu avec son père:

Le FN est porteur d’un fascisme à la française, de changer la mémoire de ce qui s’est passé pendant la guerre

et de rajouter:

On va se battre pour que Marine le Pen ne gagne pas et ne devienne pas présidente de la République Française.

précisant que si la catastrophe se produisait, ils quitteraient la France et poursuivraient le combat de l’extérieur.

http://www.europe1.fr/societe/marine-le-pen-n-a-pas-rompu-avec-son-pere-2414617

A 76 et 80 ans, les Klarsfeld n’ont pas fini leur combat, pour la reconnaissance des juifs victimes de la Shoah et pour que jamais l’histoire n’ose un jour se répéter.

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